Vent faible, climat étouffant, bienvenue à Port Camargue! NOUVELLE-CALÉDONIE et les 27 autres bateaux de la flotte entament le sprint final avec un dernier écueil à franchir : Les caprices de la Méditerranée. Chose faite et bien faite aujourd’hui.
Le transit routier entre l’Atlantique et la Méditerranée, accompagné des manutentions au départ et à l’arrivée sont source de tension chez les équipages et plus encore les préparateurs qui n’aiment pas voir leurs “bébés“ suspendus à des grues, ou perchés sur des camions.
Julien GRANCHER, préparateur de NOUVELLE-CALÉDONIE, décroche enfin un timide sourire : “C’est fait. Le bateau est dans l’eau et le mât est en place. Tout s’est bien passé. Je m’offre une petite sieste dans l’après-midi, après un plongeon sur la plage.“
Hier, quand certains grutaient encore, le plus beau bateau de la flotte naviguait déjà en configuration de course. On s’assure que tout est en place, on cale bien le mât, on dérouille les mécanismes sevrés de régates depuis trois jours, on surveille les compteurs et valide les vitesses cible… Et on rentre. Mais dès ce matin, changement d’humeur avec 4 manches prévues, dont la 1ère coefficient 0 (qui ne compte pas au classement) en guise d’entrainement. 14h59, top départ : Le Tour est reparti pour 3 “vraies“ manches et dès cette seconde, les mètres et les points comptent cher… double… triple sans doute. Vraisemblablement, seuls 2 bateaux peuvent viser la victoire (NOUVELLE-CALEDONIE et Dunkerque) et 4 autres, plus éloignés, devront se départager pour la 3ème marche du podium (Tpm, Idf, Groovederci et Oman).
Bernard MALLARET, maître-voilier : “Notre stratégie est de rester concentrés sur nous-mêmes. Si NOUVELLE-CALEDONIE est en tête du Tour, c’est tout simplement parce que c’est le bateau qui navigue le mieux. Il suffit de continuer à faire ce que nous faisons depuis le début. Nous restons zen : Ce n’est pas à nous de nous inquiéter… “
Auteur d’une remontée spectaculaire, NOUVELLE-CALEDONIE arrache la 2ème place sur la course 1, et Dunkerque la 8ème. Scénario inverse sur la manche 2 où les ch’tis devancent les hommes du plus beau lagon du monde (3ème contre 7ème). L’explication finale aura lieu lors de la dernière manche, et le verdict est sans appel : NOUVELLE-CALEDONIE 6ème / Dunkerque 18ème.
Éric CHARRIER : “L’objectif que l’on s’est fixé avec les gars, c’est de toujours garder un œil averti sur Dunkerque. Pierre a privilégié la stratégie en marquant les autres bateaux, plutôt qu’en voulant claquer des manches. Aujourd’hui, on prend 6 points supplémentaires. On a fait le boulot.“
NOUVELLE-CALEDONIE compte ses points, tout comme ses concurrents. En réalisant, une nouvelle fois la meilleure journée de la flotte de tête, le plus beau bateau du Tour augmente son avance, mais, surtout, rend plus délicate la position de son adversaire Dunkerque, à qui, il reste de moins en moins de manches, pour reprendre de plus en plus de points.