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L'origine de l'énergie propulsive d'un voilier est la transformation par les voiles de l'énergie cinétique du vent. Cette transformation se déroule selon le même principe que pour une aile d'avion.

A.   Principe d'une aile

1. La portance :

Contrairement à ce que l'on croit souvent, une aile n'est pas portée par l'air mais aspirée. On prendra comme exemple une plaque plane (figure 1) qui schématise l'aile. Elle est placée en incidence, dans un écoulement uniforme provenant de la gauche.

Plaque plane en incidence
Figure 1

L'écoulement amont va se diviser en deux parties: La première partie va passer par le haut, par l'extrados (Zone B) et la second va passer par le bas, par l'intrados (Zone A).

L'air contournant la plaque par la zone B a plus de chemin à parcourir que l'air contournant par la zone A.

L'équation du physicien Bernoulli précise ceci à certains facteurs près :

                   Vitesse X Pression = constante

L'air en B ayant accéléré se trouve donc dans un environnement à moindre pression, on parle de Dépression.

L'air en A ayant ralenti se trouve dans un environnement à plus forte pression, on parle de surpression.

C'est précisément  la différence entre les pressions de ces 2 faces de la plaque qui va créer cette force résultante que l'on peut appeler Force aérodynamique.

On a démontré que

-         la dépression sur l'extrados représente 2/3 de la force aérodynamique.

-         La surpression sur l'intrados représente 1/3 de la force aérodynamique

Cette force aérodynamique est proportionnelle au carré de la vitesse, elle peut se décomposer sur 2 axes perpendiculaires

1 axe dans le sens du fluide sur lequel s'exprime la traînée. Elle est proportionnelle à un coefficient de traînée nommé Cx.

1 axe perpendiculaire au fluide sur lequel s'exprime la portance. Elle est proportionnelle à un coefficient de portance nommé Cz.

Point d'application

La force aérodynamique s'exerce sur le centre géométrique de l'ensemble des voiles. En général, la force qu'exerce un courant fluide est sensiblement perpendiculaire à ce plan, quelque soit l'angle d'incidence du courant sur ce plan. Cette façon de dessiner n'est qu'une matérialisation visuelle de la force aérodynamique. En effet, la force s'exerce, en réalité, partout sur la voile.

2. La couche limite

Si le fluide était parfait (c'est-à-dire non-visqueux et incompressible), la seule force  créée par le positionnement d'un profil dans un écoulement est une force de portance perpendiculaire à la vitesse amont. Mais l'air n'est pas un fluide parfait. Il est visqueux, ce qui engendre un frottement le long du  profil de l'aile. La partie du fluide qui est infiniment proche de la paroi d'un profil possède donc une vitesse nulle. Il en résulte un accroissement progressif de la vitesse au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la paroi. La zone dans laquelle l'écoulement est freiné de par sa proximité avec la paroi est appelée couche limite. Il s'agit de la zone dans laquelle la vitesse de l'écoulement est comprise entre 0 et 80% de la vitesseCette couche limite est également dépendante de l'état de surface du profil.

3.      La traînée

C'est la force qui s'oppose au mouvement de l'aile, elle a deux origines. D'une part, elle est due au caractère visqueux de l'air, d'autre part, c'est la composante horizontale des forces de pression qui s'exercent perpendiculairement au profil.

Le rapport entre la portance (ce que l'on veut) et la traînée (ce que l'on voudrait éviter) définit la finesse d'un profil. Pour un avion par exemple, une finesse importante se traduira par une économie de carburant. Pour l'application qui nous concerne ici, une grande finesse permettra au bateau d'atteindre des vitesses plus élevés en fournissant le même travail. Tout comme la portance, la traînée est proportionnelle au carré de la vitesse. De plus, on peut considérer en première approximation que la traînée varie au carré de l'angle d'incidence. De même que pour la portance, on définit un coefficient Cx.

4.      Décollement, décrochage et autres perturbations

Lorsqu'un profil est en forte incidence, on conçoit aisément que le fluide aura plus de mal à suivre le contour de celui-ci. Si l'on place une plaque perpendiculairement à l'écoulement, on constate effectivement qu'il n'y a plus d'écoulement laminaire sur les deux faces. Lorsque l'écoulement n'est plus capable de suivre le profil, il décolle. Une poche de fluide "mort" (dont la vitesse est très faible par rapport à la vitesse de l'écoulement amont) se crée entre le profil et l'écoulement proprement dit. Lorsque ce phénomène apparaît, on dit que l'aile décroche car ses performances aérodynamiques diminuent très fortement. Ainsi, pour de fortes incidences, la portance Cz diminue et la traînée Cx augmente.

De plus, le fluide en bout d'aile a une tendance à s'écouler de l'intrados vers l'extrados. Il en résulte un écoulement latéral qui génère des tourbillons diminuant la performance de l'aile. C'est la traînée induite.

B.   Application au voilier

1.      Bilan des forces

La résultante de ces pressions constitue la force aérodynamique  soit Fa, appliquée en un point appelé "foyer aérodynamique". Fa peut être décomposée selon une composante dans la direction du vent apparent Fx , qui est la traînée de la voilure, et une composante dans la direction orthogonale au vent apparent Fz , qui est la portance de la voilure.

Sous l'influence du vent, le voilier se déplace à une vitesse donnée Vs. Il ressent alors un vent relatif en sens opposé Vs . Le triangle des vitesses  montre que le vent apparent Va  est la somme du vent réel Vt  et du vent relatif Vs. Cela signifie qu'à vent réel Vt  donné, et à angle de remontée au vent vrai g donné, la vitesse du voilier Vs  dépend du seul angle b, entre le vent apparent Va  et la route du navire.

La finesse de la voilure Fz Fx  = cotg ea  traduit le rapport de la composante utile, qui est la portance Fz , à la composante nuisible, qui est la traînée Fx . La projection de la force aérodynamique totale Fa  sur la direction d'avancement du navire, c'est-à-dire la force Fr  propulsive disponible, dépend à la fois de la valeur de Fa  et de son orientation, fonction elle-même de la finesse.

Pour augmenter cette force propulsive Fr , on cherche soit à augmenter la force aérodynamique totale Fa , soit à améliorer la finesse. Il n'est malheureusement pas possible d'obtenir simultanément une force aérodynamique et une finesse toutes deux maximales. Compte tenu de l'orientation des forces, on cherche à augmenter la finesse aux allures proches du vent, et, au contraire, à accroître Fa  aux allures portantes. Sur les voiliers modernes, on obtient une finesse maximale de 4 à 5 et un coefficient de portance maximale de 1,4 à 1,6.

Tout engin flottant à propulsion vélique, que ce soit un navire à carène profonde ou un voilier léger glissant près de la surface, transfère une partie de l'énergie fournie par le vent à la masse d'eau qui l'entoure.

La carène développe ainsi des efforts hydrodynamiques , dont la résultante et le moment sont égaux et opposés à ceux des forces de gravité et des efforts aérodynamiques. En projection, on obtient une résistance à l'avancement R opposée à la composante propulsive Fr  et une résistance latérale Fs  opposée à la composante de gîte et dérive Fh , et enfin un couple de redressement opposé au couple inclinant. La carène se comporte donc comme un hydrofoil dont l'efficacité sera d'autant plus grande que le rapport Fs R = cot eh , c'est-à-dire la finesse hydrodynamique de la carène, sera plus grande. L'écoulement autour de la carène et les variations concomitantes de pression (qui sont à l'origine des forces hydrodynamiques) sont déjà complexes pour la carène d'un navire de forme symétrique se déplaçant avec une dérive et une gîte nulles ; elles deviennent encore plus complexes pour un voilier dont la carène gîtée n'a plus une forme symétrique et avance " en crabe " avec une dérive non nulle.

 

 
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