14 Juillet = Fête nationale dans le pays, sauf sur le Tour de France à la Voile. La faute à une arrivée d’étape frustrante et aléatoire à Royan, pour des concurrents qui se sont pourtant battus au couteau toute la nuit durant. Les 5 derniers milles sont venus ruiner les efforts consentis sur les 60 premiers.
Combien d’arrivées “foireuses“, de plaintes de skippers, combien d’équipiers faudra t-il écœurer encore pour qu’un jour, les concurrents puissent être au moins écoutés, à défaut d’être entendus ?
L’histoire se répète inlassablement et les mêmes erreurs (?) sont commises : Les arrivées loteries où tout à l’avance est réuni pour offrir le maximum de chance de gâcher la fête, annihiler la performance sportive et laisser toute la place à l’aléatoire. 11 heures durant au large, de nuit entre Talmont et Royan, la flotte du Tour de France à la Voile et chacun de ses 196 valeureux équipiers ont tout donné pour grappiller des mètres d’un bateau sur l’autre. Le vent est monté, puis retombé, puis remonté… Il fallu passer de génois médium au génois léger, puis au spinnaker, de nouveau au génois, de nouveau au spi, …
Et après 11 heures de lutte acharnée, ils ont tous enroulé la bouée B2 du chenal marquant l’entrée dans la baie de Royan. Dunkerque, magnifiquement en tête, suivi des amateurs de Genève, des américains de Groovederci, d’Oman, de Nouvelle-Calédonie, d’Ile de France et de TPM, tous deux auteurs d’une extraordinaire remontée après un départ catastrophique. Oui, l’étape était belle, et la fête nationale parfaite.
Mais… Alors que la dite bouée B2 était marque officielle de pointage et de réduction de parcours, l’autorité de course la dédaignait et obligeait la flotte à traverser la baie de Royan, balayée par les courants et les bancs de sable (Les malheureux belges ont de nouveau endommagé leur bateau en talonnant), le tout dans 3 nœuds de vent mollissant, pour atteindre rapidement les… 0 nœuds.
La fête faisait place à la foire : Des bateaux dans tous les sens et tout le monde contraint et forcé de jouer à Jean-qui-rit ou Jean-qui-pleure, sans en connaitre les règles : Et le sport dans tout ça ? Il y a les heureux, comme Groovederci, qui remporte sa 1ère manche sur le Tour 2010. Les énervés comme Dunkerque qui perd une victoire promise, les déçus comme NOUVELLE-CALEDONIE qui passe de 4ème à 10ème en 300 mètres, les effondrés comme Tpm (17ème) qui perd peut-être tout espoir de victoire finale ce matin… Les sportifs ont fait leur job, et remarquablement, mais quelqu’un a décidé à leur place qu’il valait mieux jeter une pièce en l’air.
Vincent Portugal, manager : L’équipage a fait une étape remarquable. Je suis très fier d’eux. Je retiendrai une image de cette arrivée : Daniel SOUBEN, skipper de Dunkerque, qui, bien que réalisant la meilleure opération ce matin, saute sur le ponton très énervé pour dire ce que tout le monde pense de cette parodie et me glisse : “Nous ne sommes pas fiers de reprendre des points sur vous de cette manière.“
Ne gardons donc que cette dernière conclusion : Le sport en sort grandit